S'il existe - en ce bas-monde promis à une fin tragique - une phrase à placer dans une conversation mondaine en ces temps démocratiques, c'est bien celle qui vise à traiter de cul-terreux les humanistes sirupeux qui font du vote une obligation vertueuse.
Attention : là n'est point une critique de celles et ceux qui, dans quelques temps, iront voter pour un florilège sans précédent de moribonds incapables.
Attention : là n'est point une critique de celles et ceux qui, dans quelques temps, iront voter pour un florilège sans précédent de moribonds incapables.
Cela dit, n'émanez qu'une courtoise mise en doute de la valeur d'un bulletin de vote et une armée de paysans endimanchés décrètera la mobilisation générale ! Aussi, si vous cherchez à vous distinguer dans les jours à venir, n'hésitez plus : clamez haut et fort que vous n'irez pas voter lors des prochaines élections présidentielles.
Vous en croiserez alors, de ces érudits des comptoirs modernes qui vous pointeront du doigt au nom des droits de l'Homme, dénigrant par la même toute notion de liberté de penser, le silence étant - bien que les apparences soient trompeuses - un mode d'expression comme un autre. Vous en entendrez, de ces historiens des bacs à sable qui vous harangueront du nom de ces patriotes morts pour le droit de vote, feignant d'ignorer qu'ils sont morts une seconde fois depuis, de contempler le résultat de leur patriotisme, quelques siècles plus tard.
Toujours est-il que ce ne seront là que palabres insignifiants. Car, rien n'est aujourd'hui moins inaltérable que le Saint Suaire du sondage. Rien n'est plus véritable que les saints chiffres de la Statistique. Rien de plus attesté que le vénéré Pourcentage. Aussi, afin de secouer avec justesse, précision et amour de son prochain l'incommensurable flaque de boue putride dans laquelle surnagent les valeureux chevaliers ardents du vote, il parait indispensable d'adopter un raisonnement totalement empirique.
Pour rappel, en France, lors d'une élection par suffrage universel (ce qui nous intéresse dans ce cas précis), l'abstention n'est pas comptabilisée. Ainsi, les électeurs qui ne se déplacent pas au bureau de vote ou ceux qui votent blanc ne sont pas comptés et leurs voix (ou plutôt, leur silence) ne pèse en rien sur le résultat de l'élection. Avouez que cela est un tantinet surprenant, quand on y pense. C'est comme si sur une belle guirlande électrique de Noël, une partie des lumières ne fonctionnait pas : visuellement, on pourrait difficilement l'ignorer et la conséquence négative sur l'esthétisme de l'enlacement lumineux serait indéniable. Ne serait-ce que par les pleurs insoutenables de l'enfant à qui l'on avait promis une véritable féérie et qui n'a plus qu'un chèque-déjeuner à faire valoir au comptoir de la Magie au rabais.
Cela étant dit, rapprochons-nous du Saint Chiffre.
L'un des derniers sondages en date actant que François Hollande (que l'on nommera ici, pour plus d'objectivité, le benêt de gauche) battrait Nicolas Sarkozy (renommé - pour les mêmes raisons que son homologue à la rose fanée - le crétin de droite) au second tour de l'élection avec 54% des voix, procédons à quelques menus calculs.
Nous sommes actuellement 65 millions d'habitants.
43 millions d'entre nous ont le droit de voter.
Cela dit, sur la base des vingt dernières années, 19% de la population votante va s'abstenir de se prononcer quant à l'un ou l'autre des candidats. Ce qui nous laisse que 35 millions d'électeurs dont le vote sera comptabilisé.
54% de 35 millions donne environ le résultat suivant : 19 millions.
Reprenons maintenant la phrase initiale : "Le dernier sondage en date acte que le benêt de gauche battrait le crétin de droite au second tour de l'élection avec 54% des voix, ce qui ferait de lui le président de 19 millions de français, soit moins de 30% de la République Française, cette dernière étant bien entendu composée des 65 millions de personnes qui la peuplent."
Voici une brillante conclusion démocratique quant :
Toujours est-il que ce ne seront là que palabres insignifiants. Car, rien n'est aujourd'hui moins inaltérable que le Saint Suaire du sondage. Rien n'est plus véritable que les saints chiffres de la Statistique. Rien de plus attesté que le vénéré Pourcentage. Aussi, afin de secouer avec justesse, précision et amour de son prochain l'incommensurable flaque de boue putride dans laquelle surnagent les valeureux chevaliers ardents du vote, il parait indispensable d'adopter un raisonnement totalement empirique.
Pour rappel, en France, lors d'une élection par suffrage universel (ce qui nous intéresse dans ce cas précis), l'abstention n'est pas comptabilisée. Ainsi, les électeurs qui ne se déplacent pas au bureau de vote ou ceux qui votent blanc ne sont pas comptés et leurs voix (ou plutôt, leur silence) ne pèse en rien sur le résultat de l'élection. Avouez que cela est un tantinet surprenant, quand on y pense. C'est comme si sur une belle guirlande électrique de Noël, une partie des lumières ne fonctionnait pas : visuellement, on pourrait difficilement l'ignorer et la conséquence négative sur l'esthétisme de l'enlacement lumineux serait indéniable. Ne serait-ce que par les pleurs insoutenables de l'enfant à qui l'on avait promis une véritable féérie et qui n'a plus qu'un chèque-déjeuner à faire valoir au comptoir de la Magie au rabais.
Cela étant dit, rapprochons-nous du Saint Chiffre.
L'un des derniers sondages en date actant que François Hollande (que l'on nommera ici, pour plus d'objectivité, le benêt de gauche) battrait Nicolas Sarkozy (renommé - pour les mêmes raisons que son homologue à la rose fanée - le crétin de droite) au second tour de l'élection avec 54% des voix, procédons à quelques menus calculs.
Nous sommes actuellement 65 millions d'habitants.
43 millions d'entre nous ont le droit de voter.
Cela dit, sur la base des vingt dernières années, 19% de la population votante va s'abstenir de se prononcer quant à l'un ou l'autre des candidats. Ce qui nous laisse que 35 millions d'électeurs dont le vote sera comptabilisé.
54% de 35 millions donne environ le résultat suivant : 19 millions.
Reprenons maintenant la phrase initiale : "Le dernier sondage en date acte que le benêt de gauche battrait le crétin de droite au second tour de l'élection avec 54% des voix, ce qui ferait de lui le président de 19 millions de français, soit moins de 30% de la République Française, cette dernière étant bien entendu composée des 65 millions de personnes qui la peuplent."
Voici une brillante conclusion démocratique quant :
- à la haute valeur du système électoral tel qu'il est pensé aujourd'hui,
- à la pertinence du combat des ardents chevaliers du vote.
