La soirée du samedi est un moment particulier de la semaine.
C'est le soir où le citoyen sort.
Sous ses faux airs de Saint Barthélémy, où quelques autoproclamés disc-jockeys massacrent avec une frénésie aveugle les rares ersatz de musique qu'il nous reste en pitance les autres jours de la semaine, la soirée du samedi est devenu un rite incontournable dans la vie de grand nombre de nos concitoyens.
C'est le soir où le citoyen sort.
Sous ses faux airs de Saint Barthélémy, où quelques autoproclamés disc-jockeys massacrent avec une frénésie aveugle les rares ersatz de musique qu'il nous reste en pitance les autres jours de la semaine, la soirée du samedi est devenu un rite incontournable dans la vie de grand nombre de nos concitoyens.
Et souvent, le samedi soir, le dit concitoyen va en discothèque.
Et la discothèque n'est pas un endroit comme un autre.
Je ne pense guère m'avancer en déclarant qu'il nous est toutes et tous arrivé de nous égarer immanquablement dans ces établissements, au moins une fois dans nos misérables existences... Aussi se peut-il que ce qui va suivre fera à certain(e)s d'entre vous l'effet d'une froide révélation à laquelle ils n'ont eu finalement de cesse d'aspirer.
C'est dans la file d'attente d'un de ces haut-lieux de la décrépitude humaine, alors que je me sentais tel un veau faisant antichambre devant sa bétaillère, attendant de l'emmener vers son inéluctable et funeste fin, que me sauta au visage cette évidence.
Et la discothèque n'est pas un endroit comme un autre.
Je ne pense guère m'avancer en déclarant qu'il nous est toutes et tous arrivé de nous égarer immanquablement dans ces établissements, au moins une fois dans nos misérables existences... Aussi se peut-il que ce qui va suivre fera à certain(e)s d'entre vous l'effet d'une froide révélation à laquelle ils n'ont eu finalement de cesse d'aspirer.
C'est dans la file d'attente d'un de ces haut-lieux de la décrépitude humaine, alors que je me sentais tel un veau faisant antichambre devant sa bétaillère, attendant de l'emmener vers son inéluctable et funeste fin, que me sauta au visage cette évidence.
UNE DISCOTHEQUE EST EN FAIT UNE FERME.
Cet endroit où vous vous apprêtez à entrer pour consommer goulument de l'alcool, afin de tenter d'oublier jusqu'à votre existence, pour hurler dans l'espoir d'avoir une once de discussion intelligible avec vos amis, est en fait une ferme.
Une sorte d'exploitation agricole de la nuit.
Et aussi surprenant que cela puisse vous paraître, je vais vous faire la démonstration de ce que j'avance. De ce pas.
Le périple débute avec l'âne. Cet homme au regard presque vide, à la carrure herculéenne, à la diction aléatoire et aux champs lexicaux restreints que l'on appelle communément videur. L'animal qui regarde les gens désirant entrer dans son étable avec l'œil hagard du mulet, tout cela avant de prononcer, dans un braiment caractéristique, ce qu'il espère être une sentence : Vous pouvez entrer, ou Ca va pas être possible.
Une fois les portes franchies, vous voici accueilli(e) par la pouliche de l'écurie : la demoiselle du vestiaire. Dans un hennissement qu'elle espère agréable, elle vous demande deux euros en plus des dix dont vous venez de vous acquitter à l'entrée de l'établissement, tout cela pour garder - au beau milieu des autres - vos affaires d'averti misanthrope.
Ces menues tâches accomplies et la visite de l'écurie terminée, vous accédez à la bergerie : le bar. Vous vous frayez un chemin au travers de ces cohortes de moutons, s'abreuvant de boissons fort onéreuses tout en défendant férocement le coin de pâturage que semble être leur place au comptoir. Vous en tondez un ou deux d'un regard plus que noir, vous réclamez votre dû à la chèvre communément appelée serveuse, puis vous vous dirigez pour retrouver vos compagnons et désormais entrer dans le poulailler.
Cet immense enclos, communément nommé dancefloor, est bien l'attraction la plus intéressante de l'établissement. Installé(e) sur le côté de la piste pour y commencer la liquidation sans condition de vos récents achats en compagnie de vos camarades, vous profitez de ce répit, après tant de rebondissements en si peu de temps. C'est alors qu'une colonie de poules prend possession du pondoir situé tout à côté de votre canapé. Pondoir plus communément nommé, dans le jargon propre aux habitués, podium. Et alors que les dites gallinacées gesticulent fort sauvagement à moins d'un mètre de votre visage, un bataillon de coqs s'agglutine soudain devant le promontoire, en levant les bras et en adoptant une charte gestuelle relativement semblable à celles des femelles.
Souhaitant en savoir plus sur ce phénomène animalier, vous avalez goulument l'intégralité de votre verre fraîchement servi et vous armant de courage, vous montez à votre tour sur le podium, afin de percer le mystère de l'attraction entre les poules et les coqs. Ces derniers se montrent alors très agressifs à votre égard, se sentant sûrement menacés dans leurs prérogatives. Quant aux poules, elles continuent à s'agiter, picorant un à un et au gré de leurs gestes saccadés les grains de l'errance humaine.
Quelques heures plus tard et un taux d'alcool dans le sang plus que prononcé, vous voilà forcé(e) de visiter la porcherie de l'établissement : les toilettes. A votre choix, un regroupement de truies dans les latrines des femmes ou un attroupement de sangliers dans celles des hommes.
Résumons : en l'espace d'une soirée, vous avez visité une étable, une écurie, une bergerie, un poulailler, et finalement, une porcherie.
La vérité me parait alors irréfutable : vous avez passé votre samedi soir dans une ferme !
Et aussi surprenant que cela puisse vous paraître, je vais vous faire la démonstration de ce que j'avance. De ce pas.
Le périple débute avec l'âne. Cet homme au regard presque vide, à la carrure herculéenne, à la diction aléatoire et aux champs lexicaux restreints que l'on appelle communément videur. L'animal qui regarde les gens désirant entrer dans son étable avec l'œil hagard du mulet, tout cela avant de prononcer, dans un braiment caractéristique, ce qu'il espère être une sentence : Vous pouvez entrer, ou Ca va pas être possible.
Une fois les portes franchies, vous voici accueilli(e) par la pouliche de l'écurie : la demoiselle du vestiaire. Dans un hennissement qu'elle espère agréable, elle vous demande deux euros en plus des dix dont vous venez de vous acquitter à l'entrée de l'établissement, tout cela pour garder - au beau milieu des autres - vos affaires d'averti misanthrope.
Ces menues tâches accomplies et la visite de l'écurie terminée, vous accédez à la bergerie : le bar. Vous vous frayez un chemin au travers de ces cohortes de moutons, s'abreuvant de boissons fort onéreuses tout en défendant férocement le coin de pâturage que semble être leur place au comptoir. Vous en tondez un ou deux d'un regard plus que noir, vous réclamez votre dû à la chèvre communément appelée serveuse, puis vous vous dirigez pour retrouver vos compagnons et désormais entrer dans le poulailler.
Cet immense enclos, communément nommé dancefloor, est bien l'attraction la plus intéressante de l'établissement. Installé(e) sur le côté de la piste pour y commencer la liquidation sans condition de vos récents achats en compagnie de vos camarades, vous profitez de ce répit, après tant de rebondissements en si peu de temps. C'est alors qu'une colonie de poules prend possession du pondoir situé tout à côté de votre canapé. Pondoir plus communément nommé, dans le jargon propre aux habitués, podium. Et alors que les dites gallinacées gesticulent fort sauvagement à moins d'un mètre de votre visage, un bataillon de coqs s'agglutine soudain devant le promontoire, en levant les bras et en adoptant une charte gestuelle relativement semblable à celles des femelles.
Souhaitant en savoir plus sur ce phénomène animalier, vous avalez goulument l'intégralité de votre verre fraîchement servi et vous armant de courage, vous montez à votre tour sur le podium, afin de percer le mystère de l'attraction entre les poules et les coqs. Ces derniers se montrent alors très agressifs à votre égard, se sentant sûrement menacés dans leurs prérogatives. Quant aux poules, elles continuent à s'agiter, picorant un à un et au gré de leurs gestes saccadés les grains de l'errance humaine.
Quelques heures plus tard et un taux d'alcool dans le sang plus que prononcé, vous voilà forcé(e) de visiter la porcherie de l'établissement : les toilettes. A votre choix, un regroupement de truies dans les latrines des femmes ou un attroupement de sangliers dans celles des hommes.
Résumons : en l'espace d'une soirée, vous avez visité une étable, une écurie, une bergerie, un poulailler, et finalement, une porcherie.
La vérité me parait alors irréfutable : vous avez passé votre samedi soir dans une ferme !
Et
soyez certain(e) que dès le lendemain, certains viendront - armés d'une
fourche - récolter le fumier de ces soirées bestiales, afin de
l'étendre patiemment sur ce qu'il reste de l'existence de nos
concitoyens, que perdure encore et toujours la culture des masses hébétées.

Faut dire qu'on nous éveille à ça dès notre plus jeune âge. Comme grâce à la "Ferme little people" de Fisher Price.
RépondreSupprimerLe Dj, c'est le taureau reproducteur ?
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