Depuis que je suis en âge de chanter les paroles de la Marseillaise, les souliers dans une flaque d'eau, j'ai pris le parti de défendre ce beau pays qu'est la France, auprès de ses nombreux détracteurs. J'ai choisi de faire le dos rond à la mitraille et, l'étendard tricolore autour de la taille, de louer les mérites du pays des droits de l'Homme. Ainsi, délibérément, je fais quotidiennement fi des calomnies et envers et contre beaucoup, je tiens le front. Pour la France.
Seulement, voilà : depuis quelques temps, les motifs validant ma ligne de conduite se font moins nombreux... Voire, rares. Et surtout, moins variés. En effet, s'il était aisé d'éradiquer - lors d'une soirée mondaine - les traces amères de la collaboration avec un Lussac-Saint Emilion, il devient aujourd'hui plus ardu d'effacer les frasques notoires de nos divers ministres en poste avec un fromage "prix gagnant"... Enfin, malgré tout, je gardais espoir et poursuivais ma lutte.
Jusqu'à dimanche. Ce jour noir où, ébranlé dans mes plus intimes croyances, je fus forcé de commencer à baisser les bras *, tout en admettant que ce pays courrait à la ruine et que mon optimisme ne pourrait rien y changer. Et les jours qui suivirent ne firent rien pour arranger les choses.
Cela commença par une conversation de voisinage matinale, surprise entre deux portes, qui aurait du m'alarmer quant aux drames à venir. Deux individus devisaient sur la jeunesse actuelle, le plus âgé d'entre eux avançant le constat personnel quant à une fainéantise vaguement commune aux jeunes d'aujourd'hui. Ce a quoi son collègue, vertueux philosophe de halls d'entrée, répondit :
Seulement, voilà : depuis quelques temps, les motifs validant ma ligne de conduite se font moins nombreux... Voire, rares. Et surtout, moins variés. En effet, s'il était aisé d'éradiquer - lors d'une soirée mondaine - les traces amères de la collaboration avec un Lussac-Saint Emilion, il devient aujourd'hui plus ardu d'effacer les frasques notoires de nos divers ministres en poste avec un fromage "prix gagnant"... Enfin, malgré tout, je gardais espoir et poursuivais ma lutte.
Jusqu'à dimanche. Ce jour noir où, ébranlé dans mes plus intimes croyances, je fus forcé de commencer à baisser les bras *, tout en admettant que ce pays courrait à la ruine et que mon optimisme ne pourrait rien y changer. Et les jours qui suivirent ne firent rien pour arranger les choses.
Cela commença par une conversation de voisinage matinale, surprise entre deux portes, qui aurait du m'alarmer quant aux drames à venir. Deux individus devisaient sur la jeunesse actuelle, le plus âgé d'entre eux avançant le constat personnel quant à une fainéantise vaguement commune aux jeunes d'aujourd'hui. Ce a quoi son collègue, vertueux philosophe de halls d'entrée, répondit :
" Ca... Regardez, moi, je bosse 230 heures par mois. 16 heures par jour ! "
Je m'exclamai alors - dans mon esprit - les points suivants :
- Premièrement, ceci n'est mathématiquement pas possible : travailler 16 heures par jour reviendrait à accomplir une besogne d'environ 320 heures mensuelles. Alors que travailler 230 heures par moi équivaudrait à peiner 11h30 par jour. J'avais donc à faire à un franchouillard freluquet, en mal de reconnaissance.
- Secondairement, il n'y a pas de quoi s'enorgueillir à préférer le labeur à femme, enfants, chiens, divorce et corvée de poubelles. Et se croire, par-dessus le marché (du travail), un exemple à suivre.
- Troisièmement, je n'aime pas trop les personnes qui disent " Moi, je ". Est-ce que je le fais, moi ?!
Bref. Remonté après cette entrevue d'escaliers parsemée d'approximations, je venais à mon ordinateur, consulter les nouvelles du monde. Histoire de reprendre un peu le moral.
Et là, que ne fut pas ma stupéfaction quand je fus forcé de constater que personne n'avait compris le calembour dominical de Dominique Strauss-Kahn ! Et sans sourciller, qui plus est... L'homme se donne un mal de chien pour nous apporter un peu de baume au cœur, un dimanche matin, alors que la rediffusion de la messe et de Téléfoot sont alors les seules préoccupations des français, et voici comment il est remercié ? Il s'évertue, en nous donnant quelques fraîches nouvelles de l'ouest, à mettre à mal les divagations de Erich Maria Remarque et on le jette en prison ? Il se saigne aux quatre sangs, prenant une suite médiocre dans un hôtel au-dessus de ses modestes moyens, et le voilà la risée de tous ?! Et, dans la foulée, les féministes qui montent au créneau de leurs jupons... Arguant mièvrement qu'il est intolérable de voir ce genre de choses en 2011, en ignorant qu'il est tout autant intenable de les voir ainsi prendre la parole sans qu'on le leur ait accordée, abandonnant - avec une péremptoire outrecuidance - leurs postes aux fourneaux et à la vaisselle ! Comment, en bon français que je suis, excuser ces comportements outranciers et redorer quelque peu le blason national ?... J'étais abasourdi. Mais, gardais un infime espoir.
Cela était sans compter sur ces renégats de l'actualité qui, sur la foi de leur enthousiasme faussement puritain à traîner dans la boue le bienfaiteur qui ne souhaitait qu'apporter quelques instants de rêve américain à ses compatriotes français qu'il sait sous le joug de la vermine droitiste, en sont venus - à grands coups de déclarations insipides et de prises de position obscures - à faire de l'ombre à l'unique information digne d'intérêt, qui aurait pu redonner l'espoir aux patriotes. La seule nouvelle qui, si elle n'avait pas subi l'outrage d'une relégation aux seconds plans, aurait pu sauver la France du chaos citoyen au bord duquel elle se tient : la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy.
Un court article dans l'Express. Une bafouille sur le Figaro. Quelques lignes dans le Parisien qui, après avoir défendu avec brio le combat contre l'illetrisme de Carla, fut l'un des rares à avoir l'audace médiatique de se faire le relais de cette capitale information.
Et puis, plus rien.
Comment ne pas citer alors en exemple les anglais qui, dans un élan magnanime, donne à leur peuple l'occasion de se répandre en joies diverses, lors d'un mariage princier empli de sincérité et de naturel, retransmis dans le monde entier, portant au paroxysme du béatement populaire leurs masses agglutinées ? Quand en France, on masque sous la mitraille de l'incompréhension les rares instants de joie nationale que pourrait nous octroyer le quotidien - peu relayé par la presse - de notre couple royal.
C'est ainsi que j'ai pris conscience, en ce mois de mai 2011, que je pouvais baisser les bras.
Et du coup, me servir un verre de vin.
Pour oublier.
* Notez cependant, qu'humainement parlant, il est très difficile d'avoir les bras levés plus de vingt minutes... Alors, imaginez vingt ans !
- Premièrement, ceci n'est mathématiquement pas possible : travailler 16 heures par jour reviendrait à accomplir une besogne d'environ 320 heures mensuelles. Alors que travailler 230 heures par moi équivaudrait à peiner 11h30 par jour. J'avais donc à faire à un franchouillard freluquet, en mal de reconnaissance.
- Secondairement, il n'y a pas de quoi s'enorgueillir à préférer le labeur à femme, enfants, chiens, divorce et corvée de poubelles. Et se croire, par-dessus le marché (du travail), un exemple à suivre.
- Troisièmement, je n'aime pas trop les personnes qui disent " Moi, je ". Est-ce que je le fais, moi ?!
Bref. Remonté après cette entrevue d'escaliers parsemée d'approximations, je venais à mon ordinateur, consulter les nouvelles du monde. Histoire de reprendre un peu le moral.
Et là, que ne fut pas ma stupéfaction quand je fus forcé de constater que personne n'avait compris le calembour dominical de Dominique Strauss-Kahn ! Et sans sourciller, qui plus est... L'homme se donne un mal de chien pour nous apporter un peu de baume au cœur, un dimanche matin, alors que la rediffusion de la messe et de Téléfoot sont alors les seules préoccupations des français, et voici comment il est remercié ? Il s'évertue, en nous donnant quelques fraîches nouvelles de l'ouest, à mettre à mal les divagations de Erich Maria Remarque et on le jette en prison ? Il se saigne aux quatre sangs, prenant une suite médiocre dans un hôtel au-dessus de ses modestes moyens, et le voilà la risée de tous ?! Et, dans la foulée, les féministes qui montent au créneau de leurs jupons... Arguant mièvrement qu'il est intolérable de voir ce genre de choses en 2011, en ignorant qu'il est tout autant intenable de les voir ainsi prendre la parole sans qu'on le leur ait accordée, abandonnant - avec une péremptoire outrecuidance - leurs postes aux fourneaux et à la vaisselle ! Comment, en bon français que je suis, excuser ces comportements outranciers et redorer quelque peu le blason national ?... J'étais abasourdi. Mais, gardais un infime espoir.
Cela était sans compter sur ces renégats de l'actualité qui, sur la foi de leur enthousiasme faussement puritain à traîner dans la boue le bienfaiteur qui ne souhaitait qu'apporter quelques instants de rêve américain à ses compatriotes français qu'il sait sous le joug de la vermine droitiste, en sont venus - à grands coups de déclarations insipides et de prises de position obscures - à faire de l'ombre à l'unique information digne d'intérêt, qui aurait pu redonner l'espoir aux patriotes. La seule nouvelle qui, si elle n'avait pas subi l'outrage d'une relégation aux seconds plans, aurait pu sauver la France du chaos citoyen au bord duquel elle se tient : la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy.
Un court article dans l'Express. Une bafouille sur le Figaro. Quelques lignes dans le Parisien qui, après avoir défendu avec brio le combat contre l'illetrisme de Carla, fut l'un des rares à avoir l'audace médiatique de se faire le relais de cette capitale information.
Et puis, plus rien.
Comment ne pas citer alors en exemple les anglais qui, dans un élan magnanime, donne à leur peuple l'occasion de se répandre en joies diverses, lors d'un mariage princier empli de sincérité et de naturel, retransmis dans le monde entier, portant au paroxysme du béatement populaire leurs masses agglutinées ? Quand en France, on masque sous la mitraille de l'incompréhension les rares instants de joie nationale que pourrait nous octroyer le quotidien - peu relayé par la presse - de notre couple royal.
C'est ainsi que j'ai pris conscience, en ce mois de mai 2011, que je pouvais baisser les bras.
Et du coup, me servir un verre de vin.
Pour oublier.
* Notez cependant, qu'humainement parlant, il est très difficile d'avoir les bras levés plus de vingt minutes... Alors, imaginez vingt ans !

Cet article est vraiment très bon, digne d'un Desproges !
RépondreSupprimerah voilà qui change de tout ce qu'on peut lire sur DSK en ce moment! mdr terrible!
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