Hier matin, j'ai pris le train. Et par mégarde, j'ai acheté 20 Minutes. (Rassurez-vous : l'assemblement de feuillets que l'on nomme hâtivement quotidien d'information est toujours délivré gratuitement. Il m'a fallu cependant payer de ma personne pour ne pas affreusement grimacer au moment d'attraper au vol le dit torchon).
Mon titre de transport en main, tout à la félicité de pouvoir parcourir - d'un œil taquin - les diverses salissures insipides prétendues informatives, je montai dans mon train.
Précision : A noter que lorsque j'écris « mon train » je ne veux pas dire que j'ai récemment fait l'acquisition de l'ensemble des wagons ainsi que la locomotive, mais au prix de mon billet, je peux bien prétendre à quelques égards, voire à une légitime reconnaissance).
Bref, je grimpai donc à bord des biens ferroviaires de la société nationale des chemins de fer afin de m'installer quand soudain, sans crier gare, je tombai nez-à-nez avec un écriteau.
Cet écriteau.
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir et ainsi, lire avec plus de facilité).
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Je ne vous cache pas qu'il me fallut le lire à plusieurs reprises, afin de me persuader que ce que je lisais n'était pas l’œuvre de mon imagination débordante. Tout en réprimant à grand peine ce sourire moqueur - que j'aime souvent à arborer - quand il me vint à l'esprit l'image de ces multiples réunions au sommet qu'a sûrement du nécessiter la rédaction de cet écriteau.
Tout cela aurait pu en rester là.
A ce plaisant divertissement matinal.
Seulement voilà, le train dans lequel j'avais pris place accusa 15 minutes de retard, dès son départ. Et durant les 3 heures de trajet qui s'ensuivirent, les agents de la société nationale des chemins de fer veillèrent consciencieusement à ce que ce délai s'accentue, m'octroyant par conséquence directe le loisir de manquer ma correspondance et d'attendre la suivante, sur un quai venteux, une heure et demie durant.
Aussi ai-je eu le temps de préparer une version améliorée de l'écriteau publié plus haut, dont voici un aperçu. (Au risque de paraître redondant, je vous invite à cliquer sur l'image pour l'agrandir et ainsi, lire avec plus de facilité).
Tout cela me pousse à songer que ce n'est pas en 1943 qu'on aurait noté de tels débordements quant à la ponctualité ferroviaire, les agents de la SNCF ayant alors connu, comme par enchantement typiquement germanique, un certain zèle...






