vendredi 27 mai 2011

A l'ouest, rien de nouveau. Ni à la SNCF.


Hier matin, j'ai pris le train. Et par mégarde, j'ai acheté 20 Minutes. (Rassurez-vous : l'assemblement de feuillets que l'on nomme hâtivement quotidien d'information est toujours délivré gratuitement. Il m'a fallu cependant payer de ma personne pour ne pas affreusement grimacer au moment d'attraper au vol le dit torchon).

Mon titre de transport en main, tout à la félicité de pouvoir parcourir - d'un œil taquin - les diverses salissures insipides prétendues informatives, je montai dans mon train.

Précision : A noter que lorsque j'écris « mon train » je ne veux pas dire que j'ai récemment fait l'acquisition de l'ensemble des wagons ainsi que la locomotive, mais au prix de mon billet, je peux bien prétendre à quelques égards, voire à une légitime reconnaissance).

Bref, je grimpai donc à bord des biens ferroviaires de la société nationale des chemins de fer afin de m'installer quand soudain, sans crier gare, je tombai nez-à-nez avec un écriteau.

Cet écriteau.
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir et ainsi, lire avec plus de facilité).


Je ne vous cache pas qu'il me fallut le lire à plusieurs reprises, afin de me persuader que ce que je lisais n'était pas l’œuvre de mon imagination débordante. Tout en réprimant à grand peine ce sourire moqueur - que j'aime souvent à arborer - quand il me vint à l'esprit l'image de ces multiples réunions au sommet qu'a sûrement du nécessiter la rédaction de cet écriteau.

Tout cela aurait pu en rester là.
A ce plaisant divertissement matinal.

Seulement voilà, le train dans lequel j'avais pris place accusa 15 minutes de retard, dès son départ. Et durant les 3 heures de trajet qui s'ensuivirent, les agents de la société nationale des chemins de fer veillèrent consciencieusement à ce que ce délai s'accentue, m'octroyant par conséquence directe le loisir de manquer ma correspondance et d'attendre la suivante, sur un quai venteux, une heure et demie durant.

Aussi ai-je eu le temps de préparer une version améliorée de l'écriteau publié plus haut, dont voici un aperçu. (Au risque de paraître redondant, je vous invite à cliquer sur l'image pour l'agrandir et ainsi, lire avec plus de facilité).


Tout cela me pousse à songer que ce n'est pas en 1943 qu'on aurait noté de tels débordements quant à la ponctualité ferroviaire, les agents de la SNCF ayant alors connu, comme par enchantement typiquement germanique, un certain zèle...

jeudi 19 mai 2011

La France, ce beau pays qui coule.


Depuis que je suis en âge de chanter les paroles de la Marseillaise, les souliers dans une flaque d'eau, j'ai pris le parti de défendre ce beau pays qu'est la France, auprès de ses nombreux détracteurs. J'ai choisi de faire le dos rond à la mitraille et, l'étendard tricolore autour de la taille, de louer les mérites du pays des droits de l'Homme. Ainsi, délibérément, je fais quotidiennement fi des calomnies et envers et contre beaucoup, je tiens le front. Pour la France.

Seulement, voilà : depuis quelques temps, les motifs validant ma ligne de conduite se font moins nombreux... Voire, rares. Et surtout, moins variés. En effet, s'il était aisé d'éradiquer - lors d'une soirée mondaine - les traces amères de la collaboration avec un Lussac-Saint Emilion, il devient aujourd'hui plus ardu d'effacer les frasques notoires de nos divers ministres en poste avec un fromage "prix gagnant"... Enfin, malgré tout, je gardais espoir et poursuivais ma lutte.

Jusqu'à dimanche. Ce jour noir où, ébranlé dans mes plus intimes croyances, je fus forcé de commencer à baisser les bras *, tout en admettant que ce pays courrait à la ruine et que mon optimisme ne pourrait rien y changer. Et les jours qui suivirent ne firent rien pour arranger les choses.

Cela commença par une conversation de voisinage matinale, surprise entre deux portes, qui aurait du m'alarmer quant aux drames à venir. Deux individus devisaient sur la jeunesse actuelle, le plus âgé d'entre eux avançant le constat personnel quant à une fainéantise vaguement commune aux jeunes d'aujourd'hui. Ce a quoi son collègue, vertueux philosophe de halls d'entrée, répondit : 
" Ca... Regardez, moi, je bosse 230 heures par mois. 16 heures par jour ! "
Je m'exclamai alors - dans mon esprit - les points suivants :
- Premièrement, ceci n'est mathématiquement pas possible : travailler 16 heures par jour reviendrait à accomplir une besogne d'environ 320 heures mensuelles. Alors que travailler 230 heures par moi équivaudrait à peiner 11h30 par jour. J'avais donc à faire à un franchouillard freluquet, en mal de reconnaissance.
- Secondairement, il n'y a pas de quoi s'enorgueillir à préférer le labeur à femme, enfants, chiens, divorce et corvée de poubelles. Et se croire, par-dessus le marché (du travail), un exemple à suivre.
- Troisièmement, je n'aime pas trop les personnes qui disent " Moi, je ". Est-ce que je le fais, moi ?!

Bref.  Remonté après cette entrevue d'escaliers parsemée d'approximations, je venais à mon ordinateur, consulter les nouvelles du monde. Histoire de reprendre un peu le moral.

Et là, que ne fut pas ma stupéfaction quand je fus forcé de constater que personne n'avait compris le calembour dominical de Dominique Strauss-Kahn ! Et sans sourciller, qui plus est... L'homme se donne un mal de chien pour nous apporter un peu de baume au cœur, un dimanche matin, alors que la rediffusion de la messe et de Téléfoot sont alors les seules préoccupations des français, et voici comment il est remercié ? Il s'évertue, en nous donnant quelques fraîches nouvelles de l'ouest, à mettre à mal les divagations de Erich Maria Remarque et on le jette en prison ? Il se saigne aux quatre sangs, prenant une suite médiocre dans un hôtel au-dessus de ses modestes moyens, et le voilà la risée de tous ?! Et, dans la foulée, les féministes qui montent au créneau de leurs jupons... Arguant mièvrement qu'il est intolérable de voir ce genre de choses en 2011, en ignorant qu'il est tout autant intenable de les voir ainsi prendre la parole sans qu'on le leur ait accordée, abandonnant - avec une péremptoire outrecuidance - leurs postes aux fourneaux et à la vaisselle ! Comment, en bon français que je suis, excuser ces comportements outranciers et redorer quelque peu le blason national ?... J'étais abasourdi. Mais, gardais un infime espoir.

Cela était sans compter sur ces renégats de l'actualité qui, sur la foi de leur enthousiasme faussement puritain à traîner dans la boue le bienfaiteur qui ne souhaitait qu'apporter quelques instants de rêve américain à ses compatriotes français qu'il sait sous le joug de la vermine droitiste, en sont venus - à grands coups de déclarations insipides et de prises de position obscures - à faire de l'ombre à l'unique information digne d'intérêt, qui aurait pu redonner l'espoir aux patriotes. La seule nouvelle qui, si elle n'avait pas subi l'outrage d'une relégation aux seconds plans, aurait pu sauver la France du chaos citoyen au bord duquel elle se tient : la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy.

Un court article dans l'Express. Une bafouille sur le Figaro. Quelques lignes dans le Parisien qui, après avoir défendu avec brio le combat contre l'illetrisme de Carla, fut l'un des rares à avoir l'audace médiatique de se faire le relais de cette capitale information.

Et puis, plus rien.

Comment ne pas citer alors en exemple les anglais qui, dans un élan magnanime, donne à leur peuple l'occasion de se répandre en joies diverses, lors d'un mariage princier empli de sincérité et de naturel, retransmis dans le monde entier, portant au paroxysme du béatement populaire leurs masses agglutinées ? Quand en France, on masque sous la mitraille de l'incompréhension les rares instants de joie nationale que pourrait nous octroyer le quotidien - peu relayé par la presse - de notre couple royal.

C'est ainsi que j'ai pris conscience, en ce mois de mai 2011, que je pouvais baisser les bras.
Et du coup, me servir un verre de vin.
Pour oublier.

* Notez cependant, qu'humainement parlant, il est très difficile d'avoir les bras levés plus de vingt minutes... Alors, imaginez vingt ans !

lundi 2 mai 2011

De l'Art des coquilles, par Le Parisien.fr


Ce matin (ndlr : lundi 2 mai 2011), Le Parisien met en ligne - sur son site officiel - un article à propos de Carla Bruni-Sarkozy, (qui n'est autre que notre première dame de France, pour celles et ceux qui auraient passé ces quatre dernières années dans la jungle landaise), faisant ainsi montre d'une réelle volonté d'informer les français sur les points brûlants de l'actualité.

S'il appartient à chacun de juger de la pertinence de ce sujet en son âme et conscience, il est un détail qui a donné à ma journée un air de promenade en bord de mer un soir de tempête, voire un jour de fête nationale.

En effet, il est mentionné - dans l'introduction de cet article - que le dit papier abordera différents thèmes en rapport direct avec la femme du président de la République, comme sa vie privée, son nouvel album mais aussi et surtout, sa fondation contre l'illetrisme... Comme suit :



Oui, mais voilà : illetrisme s'écrit en fait avec deux "t"... ILLETTRISME, donc.

De fait, je laisse à votre humeur le soin de convenir de la qualité du dit quotidien, tout en vous invitant à parcourir, accompagné d'un café et d'un sourire forcément goguenard, le reste du feuillet.

PRECISION : A l'heure où j'écris cet article, le site a mis à jour sa page, feignant l'innocence la plus totale quant à cette balourde approximation, qui n'était pourtant pas sans nous rappeler la décrépitude qui entoure - depuis bien des années - le paysage politique, mais aussi journalistique, français.

En direct de la lutte contre l'illettrisme des institutions, à vous Paris. A vous les studios.