jeudi 21 avril 2011

Un gentil peur cacher un méchant.

 

L'humanité peut être séparée en deux parties bien distinctes, et ce depuis la nuit des temps : les gentils et les méchants.

Oui, mais parfois, il est bien difficile de les différencier. Aussi, dans un but purement humaniste - justement - d'éclairer votre lanterne (que je sais curieuse de toute nouveauté), vais-je procéder à l'énumération de quelques exemples concrets. Afin d'établir une différenciation avérée des deux genres.

Les méchants, ce sont ces vilaines personnes emplies de perfidie qui viennent d'arracher à Pierre Bellanger la présidence de sa radio, dans un souci, je cite, " d'augmentation de rentabilité ". Goujats personnages ! Arracher ainsi son enfant à un homme si altruiste, empli d'humanisme et visionnaire, qui n'a jamais hésité à sacrifier ses plus fidèles auditeurs sur l'autel de l'audimat tout azimut, changeant la ligne éditoriale de sa radio de manière radicale afin d'afficher une audience encore plus grande... Qu'il est sournois de la part d'une tripotée de costards endimanchés de billets de 500€ de vouloir ainsi privilégier l'argent au respect de l'être humain, comme l'a prôné ces quinze dernières années Pierre Bellanger. Lui qui a toujours refusé de verser dans la facilité d'une antenne formatée, se défiant de la facilité de diffuser sur son antenne des titres fédérateurs, se battant à corps et à cris contre l'étiquette d'une radio commerciale que dans la précipitation, certains (gougnafiers) ont voulu coller sur son front dégarni.

Ceux-là, ce sont des méchants.

Les gentils, ce sont ces milliers de personnes qui, à grands renforts de fautes d'orthographe et d'erreurs grossières de syntaxe, se sont mobilisés afin de défendre la radio de cette malheureuse et innocente victime du système qu'est Pierre Bellanger. Ces milliers de sympathisants qui, depuis quelques jours, se battent en scandant courageusement le mot liberté, brandissant à ses côtés le logo exhumé de l'indifférence d'une radio résolument commerciale (qui donc, existe en partie dans le but de générer des bénéfices). Ces légions de militants qui, dans une abnégation des plus totales, s'évertuent envers et contre tout à porter aux nues l'antenne d'une radio bridée par les spéculations financières et les nombreux formatages inhérents à la recherche unilatérale du profit.

Ceux-là, ce sont des gentils.

Les méchants, ce sont toutes ces personnes cupides qui, arguant de l'excuse risible de la crise et d'un niveau de vie déplorable, préfèrent pirater sauvagement les œuvres artistiques auxquelles on leur donne chaque jour accès, au lieu de s'acquitter dûment de leur place de cinéma à 13€ ou de leur CD à 22€. Quelle ignominie, que de refuser ainsi de s'accorder à un système qui a été pensé et réfléchi uniquement dans le but de donner à n'importe quel citoyen un accès universel et sans limite à toute forme de culture. Un système qui a su se jouer de tout formatage visant à créer une culture de masse, arguant de la richesse et de la diversité des programmes proposés sur les radios et chaînes de télévision nationales. Quelle insulte à cet idéal, que ces personnes sans cœur qui préfèrent mettre leur argent dans des achats de première nécessité comme les denrées alimentaires, sous le couvert d'une quelconque crise.

Ceux-ci, ce sont vraiment des méchants.

Les gentils, ce sont les salariés de la SACEM, qui chaque jour et chaque nuit, s'évertuent à huiler les rouages d'une machine au fonctionnement impeccable, basé sur l'axiome indiscutable et dévoué d'une répartition équitable des revenus engendrés par la diffusion des artistes sociétaires. Comme ces dirigeants de la dite société qui se serrent ostensiblement la ceinture, puisant dans les finances le strict minimum nécessaire à leur survie, se versant un salaire dérisoire, dans le seul but de permettre aux plus faibles de percevoir dûment leurs droits.

Ceux-ci, ce sont vraiment des gentils.

Les méchants, ce sont ces personnes qui depuis plus de cinquante ans, nous vendent le nucléaire comme la solution à tous nos problèmes d'énergie. Ces scientifiques, hommes politiques et autres sombres diplômés qui sont parvenus, au prix d'une machiavélique entreprise, à faire entrer l'énergie nucléaire dans l'inconscient collectif, de sorte à ce qu'il paraisse normal que les centrales poussent comme des champignons autour de nous, afin de subvenir à des besoins énergétiques que ces goujats personnages nous imputent, tout en nous poussant à une consommation excessive et incontrôlée d'énergies en tous genres.  La plupart d'entre nous restant - trop subjugués par le confort que nous confère l'illusion d'être un pays dit développé - incapables de se remettre en cause quant à nos habitudes. Et ces vils personnages qui en profitent... Jusqu'à déloger les modestes habitants de quelques yourtes campagnardes. Les mufles !

Ceux-là, ce sont vraiment des méchants pas gentils.

Les gentils, ce sont toutes ces personnes qui, au lendemain d'une catastrophe nucléaire d'ordre mondial, se découvrent soudainement une conscience écologique. Voire, une conscience tout court. Et qui descendent dans la rue de nos habitudes, pour manifester leur mécontentement, aux côtés des défenseurs de Skyrock qui, du haut de leur illettrisme, scande " Libertet ! ". Ces mêmes personnes qui, après s'être égosillé afin d'obtenir l'illusion d'avoir été entendus, se prélassent d'un repos mérité au coin de leurs habitudes, consommant sans compter l'énergie, dont l'origine leur demeure fortuitement inconnue. Mais, ils ont osé crier ce ras-le-bol que beaucoup n'ont pas eu le cran d'assumer, ces derniers préférant lâchement remettre en question leur façon de concevoir les dépenses énergétiques au lieu de brandir le drapeau de la révolte. Courageux soldats qui rien n'arrêtera, si ce n'est le terme - qui se fait attendre - de cette débâcle qu'est devenue l'humanité.

Ceux-là, ce sont vraiment de chics gentils.

En conclusion de tout ceci, l'importance de bien clarifier les différences entre les gentils et les méchants me paraît encore plus prioritaire que lorsque j'ai entamé l'écriture de ce billet : imaginez le foutoir, si on se laissait berner par l'un ou l'autre des deux camps...

PS : Si certaines personnes, après lecture de ce billet et surtout, de son titre, sont déçues de s'être reconnues dans aucune des catégories suscitées, ni d'avoir été mentionnées quelque part, c'est que finalement, elles figurent dans le ventre mou de l'humanité.