vendredi 4 février 2011

Intemporalité et dénominations communes.


Amateur averti de nouvelles expériences et de sensations fortes, fervent défenseur des démonstrations les plus empiriques, j'ai décidé de vous livrer aujourd'hui les résultats d'une expérimentation novatrice à laquelle je me suis plié. Et ce, afin d'aller un peu plus loin dans ma connaissance de cette chose qui me sert de congénère, la plupart du temps qu'il m'est donné de vivre en ce bas monde destiné à une fin prochaine : l'être humain.

C'est à mon réveil que cette pertinente idée vint frapper à la porte de mon esprit encore embrumé, avec l'insistance des grandes doctrines en devenir. Je devais donc me consacrer tout entier à la tâche, avec cette application zélée et cet entrain philosophique que seuls partagent les chercheurs, les aventuriers et les pêcheurs à la mouche.

J'étais encore incertain du résultat de mon investigation et de ma démarche scientifique quand l'envie pressante d'aller soulager ma panse de son fardeau journalier dans la cuvette dévouée et emplie d'abnégation de mes latrines vint troubler ma quiétude matinale : c'était là le signe que j'attendais, marquant le point originel de mon expérimentation.

Ignorant les aléas collatéraux du à la disposition quelque peu chaotique du mobilier de mon humble demeure, je courais à la salle de bains, brûlant de l'ardeur du visionnaire, afin d'y effectuer une pesée de ma carcasse avant délivrance.

L'affichage numérique de la balance m'indiqua alors le nombre de 81.6 kilogrammes.

Je me précipitais aux vespasiennes et sans plus de temps qu'il n'en faut pour appréhender la beauté fugace de la dernière déclaration * en date du secrétaire d'Etat au logement (ndlr : Benoist Apparu), qui trouvait en ces lieux un propice réceptacle, je fis ce que j'avais à faire. Puis, avec un exalté empressement, je revins vers l'outil de pesée, afin de ne perdre le fil encore ténu de mon raisonnement.

Cette fois-ci, l'instrument indiqua 81.1 kilogrammes.

A cet instant, j'avais en ma possession l'intégralité des éléments qui, inexorablement, m'amenaient au pied d'une conclusion qui s'imposait comme une évidence irréfutable. Estimant - dans un souci de rigueur purement méthodologique - avoir fait à l'antre des flatulences une offrande somme toute commune, dans son poids et sa taille, il devint alors axiomatique à mes yeux que chaque jour, une majorité d'êtres humains véhicule en son ventre une moitié de kilogramme de fiente.

Voici un enseignement indubitable qui devrait redonner un peu d'humilité à celles et ceux qui ont l'outrecuidance de péter plus haut que leur cul.

* A savoir, « J'admets que la situation est grave, mais je n'admets pas que la situation est de plus en plus grave. A l'inverse, je ne voudrais pas dire que la situation s'améliore, mais en tous cas ce gouvernement a pris la mesure de la situation. »

6 commentaires:

  1. Encore faudrait-il qu'ils se sentent...

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  2. on trouve de tout dans ce blog et certains articles semblent indiscutables puisqu'ils sont expliqués par vos propre expériences scientifiques et biologique. merci monsieur kane.

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  3. D'autant qu'il n'est marqué nulle part : "A ne pas reproduire chez vous, danger ".
    Il s'agit donc d'expériences accessibles à tous : une chouette forme de pédagogie !

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  4. c'est ca écrire de la merde ! mdr

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