jeudi 10 février 2011

Fatalisme, roue de secours et obstination.


Les handicapés sont des enfants gâtés.

La liste de leurs revendications est interminable. A peine obtiennent-ils une chose qu'ils en quémandent une autre. Des places de parking attitrées, des accès facilités aux infrastructures publiques, des emplois adaptés à leurs handicaps... La machination se s'arrête jamais !

Mais au final, que nous donnent-ils, les handicapés ?

Avez-vous déjà vu une personne souffrant d'un handicap physique aider une personne bien portante à traverser un passage piéton ? Jamais. Avez-vous déjà été le témoin ému du touchant spectacle d'un handicapé cédant sa place dans les transports en commun à une femme enceinte, portant en son sein un enfant en pleine santé, lui ? En aucun cas.

Et malgré cela, ils ont encore l'impertinence de faire entendre leur voix, quand elle est audible. Sans daigner prendre un instant en compte nos propres doléances à leur égard.

Tenez, l'autre soir, je me suis rendu à un spectacle. A la pause, l'envie d'aller soulager ma vessie se faisant pressante, je me suis dirigé prestement vers les latrines collectives. Devant l'effroyable attente qu'une file infiniment longue laissait supposer, je décidais d'utiliser les toilettes pour handicapés, non sans avoir vérifié qu'aucun d'eux ne se cachait dans cette procession de semblables obnubilés par un besoin analogue, caché derrière un panneau, à l'affut du premier contrevenant. Et bien, quel ne fut pas mon émoi quand, une fois à l'intérieur, je constatais avec embarras que rien ne m'était adapté : la cuvette était bien trop haute, le papier toilette inatteignable, sans parler du lavabo, désespérément éloigné du reste, la faute à un espace vital bien plus que conséquent, totalement contraire aux vespasiennes exigües dans lesquelles il nous faut le plus souvent soulager en silence le douloureux fardeau de nos entrailles pourrissantes.

Je peste encore devant le criant manque d'efforts consentis par les handicapés à l'égard des personnes qui ne le sont pas. A croire qu'il est dans leurs us et coutumes d'ostensiblement se moquer des difficultés quotidiennes que rencontrent dans ce monde impitoyable dévoué aux infirmes les personnes bien portantes. Sans parler de l'indifférence collégiale des invalides quant à notre bonne intégration dans notre bienveillante et attentionnée société... On croit rêver !

En dépit de ceci, tout reste prétexte à la jérémiade confraternelle. Pour autant, de mémoire d'homme au meilleur de ses capacités physiques, on n'a jamais vu un collectif  de handicapés se mobiliser et organiser une manifestation, sportive ou culturelle, dont les bénéfices seront reversés aux personnes bien portantes !

Ainsi, nous devrions continuer de la sorte, sans rechigner à la tâche, de donner à nos fortunés concitoyens sans en attendre un quelconque retour ? A les considérer comme nos égaux en tous points quand ils ne cherchent qu'à se distinguer en stigmatisant nos différences ?! A leur tendre une main aimante pour ne recevoir en retour qu'une prothèse commune et impersonnelle ??!!

Sans parler du fait qu'une classification des handicapés devient de plus en plus indispensable : cela nous permettrait de pouvoir enfin différencier le véritable handicapé de l'infirme de complaisance. De cette manière, nous pourrions plus aisément venir en aide à la personne incertaine de son handicap, usant par inadvertance du macaron de grand-mère afin de trouver une place de parking plus accessible au supermarché, et ainsi laisser le vrai handicapé se débrouiller pas ses propres moyens, dans un réel souci d'égalité, fidèle à l'esprit de leurs propres revendications.

Tout cela m'amène donc à penser qu'il devient urgent d'agir. Car, cela n'a que trop duré.
Aussi, dans cette optique, ai-je récemment fait l'acquisition de ce panneau :


Pancarte informative que je placerai donc sur ma place de parking, afin d'éviter qu'un handicapé sans scrupule ne vienne encore l'occuper de manière totalement délibérée.

Il ne manquerait plus que l'on se mette à leur place !

mardi 8 février 2011

Désacralisation d'une expression douteuse.


Mardi 8 février 2011. 9H30. Je viens de prendre une décision capitale quant au bon déroulement du reste de ma journée.

Je vais m'insurger.

Les motifs éventuels de cette insurrection spontanée sont nombreux et variés : je pourrais divaguer en digressions péjoratives sur ce tas errant de semblables bêlants dont il me faut supporter l'impromptue promiscuité durant les quatre prochaine heures de mon existence, emmitouflé que je suis dans un train qui n'a de confortable que le bénéfice qu'en retire la société nationale des chemins de fer. Tout comme il me serait plaisant de laisser libre cours à cette incompréhension tangible et dévouée que je traîne comme une ombre depuis une décennie, à l'égard cette même société, pour son assiduité remarquable et remarquée à collectionner les retards.

Mais, tout cela - ne serait-ce que par respect pour cette singulière misanthropie dans laquelle je me drape souvent pour vous écrire - me parait un tantinet facile et horriblement trivial. Aussi, ai-je décidé de m'attaquer en ce jour à un sujet de réelle envergure.

Un sujet sensible, car j'ai décidé de frapper de ma véhémente virulence - employée à des fins totalement vaines - les abonnés absents de l'école du bon sens, qui emploient à tout va et surtout sans y réfléchir, avec un panache endeuillé par le grotesque de leur ânerie, l'expression consacrée " Etre con comme un manche ".

Là où la plupart de vos semblables - et je vous prie de croire que cela fait beaucoup - ne voit qu'une expression populaire à employer au coin d'une discussion banale pour signifier la balourdise d'un concitoyen, je souffre de voir une grandiloquente insulte à l'encontre d'une famille d'accessoires dévouée qui, depuis des millénaires, s'emploie à servir l'homme, plus fidèlement que ne le ferait une pince à cheveux, ou encore une femme.

Songez-donc : vous amuseriez-vous à planter des clous, si les marteaux n'avaient pas de manche ? Goûteriez-vous le plaisir raffiné d'une bavette aux échalotes confites, sans un manche pour tenir le couteau avec lequel vous découpez aisément la dite viande ? Définitivement, non.

Parce que si l'on prend un instant afin d'y réfléchir, pour en arriver à décréter qu'un manche est con après lecture des exemples énoncés au-dessus, il faudrait être nécessairement encrotté jusqu'au cou dans uns stupidité affligeante, vaguement équivalente à celle qui poussa une ministre des affaires étrangères et européennes de la république française à prendre un jet privé pour survoler un pays à feu et à sang, en compagnie d'un sympathisant de l'ancien régime, quelques paires de jours seulement après avoir proposé au dictateur de cet ancien protectorat français l'expérience et la savoir-faire des services d'ordre de notre belle contrée démocratique, récemment mis en exergue lors d'une sympathique accolade avec des manifestants, en gare d'un petit village du Gard...  Ou alors, il faudrait être l'innocente victime d'une suffisance que l'on ne retrouve plus guère que dans la rédaction d'un hebdomadaire musical qui répond au nom d'un jeu de mots des plus pathétiques, mais dont je tairais ici le nom, dans un souci que je prendrai soin de définir plus tard.

Ce constat dressé, quant à l'inconsistance sommaire de cette expression, vous aurez bien évidemment remarqué que la vindicte populaire veut que l'on dise ou écrive " con(ne) comme UN manche "... Pardonnez l'outrecuidance de mon indignation, mais je trouve cela proprement scandaleux ! Au nom de quelle malavisée galanterie pourrait-on privilégier une manche à son illustre masculin ?!  

Sans parler de l'utilité discutable de cette dernière, comparée aux fonctions diverses et indiscutables de son viril homologue... Pensez-vous sincèrement pouvoir gravir l'Everest, avec une manche au bout de votre piolet ? Non. Le concept de manches escamotables n'est-il pas assez révélateur quant à l'intérêt divertissant de celles-ci ? Alors qu'enlever le manche du gourdin d'un agent de la force publique le rendrait soudain aussi conciliant et réfléchi que n'importe quel manifestant ferroviaire un tantinet civilisé...

En conclusion de ce brillant exposé, devant la mise à nu de l'hérésie collégiale qui entoure l'expression " Etre con comme un manche ", au regard de l'argumentation irréfutable que j'ai soumise à votre lecture assidue, devant l'implacable logique qui guida mon raisonnement empli d'abnégation pour une noble cause, je vous invite à décliner désormais cette expressions sous sa forme féminine, afin que soit enfin effacée une abjecte erreur, qui perdure depuis trop longtemps.

Aussi, dirons-nous à l'avenir : " En 2012, ne soyez pas con(ne) comme UNE manche : réfléchissez, avant de voter. Pas comme en 2007... "

PS : Le balai-brosse est TOTALEMENT exclu de ce raisonnement, de part ma seule volonté.

vendredi 4 février 2011

Intemporalité et dénominations communes.


Amateur averti de nouvelles expériences et de sensations fortes, fervent défenseur des démonstrations les plus empiriques, j'ai décidé de vous livrer aujourd'hui les résultats d'une expérimentation novatrice à laquelle je me suis plié. Et ce, afin d'aller un peu plus loin dans ma connaissance de cette chose qui me sert de congénère, la plupart du temps qu'il m'est donné de vivre en ce bas monde destiné à une fin prochaine : l'être humain.

C'est à mon réveil que cette pertinente idée vint frapper à la porte de mon esprit encore embrumé, avec l'insistance des grandes doctrines en devenir. Je devais donc me consacrer tout entier à la tâche, avec cette application zélée et cet entrain philosophique que seuls partagent les chercheurs, les aventuriers et les pêcheurs à la mouche.

J'étais encore incertain du résultat de mon investigation et de ma démarche scientifique quand l'envie pressante d'aller soulager ma panse de son fardeau journalier dans la cuvette dévouée et emplie d'abnégation de mes latrines vint troubler ma quiétude matinale : c'était là le signe que j'attendais, marquant le point originel de mon expérimentation.

Ignorant les aléas collatéraux du à la disposition quelque peu chaotique du mobilier de mon humble demeure, je courais à la salle de bains, brûlant de l'ardeur du visionnaire, afin d'y effectuer une pesée de ma carcasse avant délivrance.

L'affichage numérique de la balance m'indiqua alors le nombre de 81.6 kilogrammes.

Je me précipitais aux vespasiennes et sans plus de temps qu'il n'en faut pour appréhender la beauté fugace de la dernière déclaration * en date du secrétaire d'Etat au logement (ndlr : Benoist Apparu), qui trouvait en ces lieux un propice réceptacle, je fis ce que j'avais à faire. Puis, avec un exalté empressement, je revins vers l'outil de pesée, afin de ne perdre le fil encore ténu de mon raisonnement.

Cette fois-ci, l'instrument indiqua 81.1 kilogrammes.

A cet instant, j'avais en ma possession l'intégralité des éléments qui, inexorablement, m'amenaient au pied d'une conclusion qui s'imposait comme une évidence irréfutable. Estimant - dans un souci de rigueur purement méthodologique - avoir fait à l'antre des flatulences une offrande somme toute commune, dans son poids et sa taille, il devint alors axiomatique à mes yeux que chaque jour, une majorité d'êtres humains véhicule en son ventre une moitié de kilogramme de fiente.

Voici un enseignement indubitable qui devrait redonner un peu d'humilité à celles et ceux qui ont l'outrecuidance de péter plus haut que leur cul.

* A savoir, « J'admets que la situation est grave, mais je n'admets pas que la situation est de plus en plus grave. A l'inverse, je ne voudrais pas dire que la situation s'améliore, mais en tous cas ce gouvernement a pris la mesure de la situation. »