Certaines choses m'énervent. Tout simplement.
Ou alors, considérablement.
Il y en a même qui m'énervent plus que d'autres.
Ainsi, je pourrais comme tout un chacun entamer ici-même la longue liste de ces désagréments quotidiens qui ont l'art d'assombrir durablement cette matinale gaieté, pincée à demi-mots, dont je me pare dès le réveil.
Mais, on serait bien capable de me mettre au banc des accusés en invoquant ce besoin existentiel d'amour et de reconnaissance que je semble avoir. Je refuse donc de m'abaisser aux vues étriquées d'esprits taille basse m'attendant à un tournant que je ne prendrai pas. D'autant plus depuis que je sais que on est un con...
Cependant, si je daigne prendre la plume, ce n'est pas pour me gratter le nez et offrir au monde la volupté soudaine d'un millier de postillons littéraires.
Non, je suis passablement énervé et monte au front des errances humaines, le poing de la révolte brandi au plus haut à la seule lecture de cette mention égrenant bien trop souvent des lettres qui n'ont de poli que le papier : " Si nous n'avons pas répondu à votre candidature d'ici trois mois, veuillez avoir l'amabilité de considérer que celle-ci ne nous intéressait pas. "
L'amabilité, je connais : j'en ai prêté à un nécessiteux, une fois.
Mais, en faire don à une tribu d'ostrogoths en mal de savoir-vivre : JAMAIS !
Sans rire : parvenez-vous à vous imaginer déclarant à la caissière attitrée de votre hypermarché de proximité préféré " Madame, j'ai bien pris note de votre facture - imprimée sur du papier bon marché, soit dit en passant - concernant ces quelques menus achats que je viens d'empaqueter : cependant, je vous saurais gré de considérer que si je ne vous la règle pas dans l'instant et que d'un pas léger et insouciant, je me dirige vers la sortie de votre échoppe, c'est que le dite quittance ne m'intéressait guère " ? Croyez-vous sincèrement que l'hôtesse de caisse en question vous sourira d'aise à la seule écoute de vos formules de politesse et vous souhaitera une bonne fin de journée, avant de retourner à son laborieux travail ?
Personnellement, je ne crois pas.
Pensez-vous réellement répondre au Trésor Public que vous n'avez pas réglé votre dernier avis d'imposition parce que sa lecture ne vous a pas autant bouleversé que la découverte des pimpantes aventures de Primo Levi dans les forêts polonaises ?
Définitivement, non.
Alors, de quel droit une bande de cuistres insignifiants témoignant, par ce typique et crasseux manque de bonnes manières propres aux cancrelats, d'une époque où le respect n'est qu'une valeur désuète ne servant qu'à récurer à grand-peine les fonds obscurs des cuvettes du nombrilisme humain, s'octroie le luxe fétide d'un tel mépris ? Impertinence déplorable qui n'est pas sans rappeler ce manque criant d'humilité d'une première dame de France se drapant à la dérobée dans les guenilles puantes de ce que certains mendigots de l'Art osent, les pattes baignant dans la fiente encore chaude de leur suffisance, nommer l'exception culturelle française !
Moi-même, après l'écriture de ces deux phrases interminables parfumées à l'amour inconditionnel que je porte à mon prochain, je ne le sais. Mais, j'imagine que c'est un droit similaire à celui que s'accordent les retraités de réclamer avec véhémence leurs places assises dans les transports en commun.
Vivement l'été, donc.

Un bon coup de gueule ! Même si, finalement, tout le monde s'en tape...
RépondreSupprimerD'ailleurs je file : J'ai rdv au Trésor Public.
vous n'etes pas content là !
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