Nous le connaissons tous, ce petit jouet innocent apparu en 1974 dans les rayons de nos hypermarchés de proximité : le Playmobil ©.
Objet quelque peu ludique pour les uns, véritable compagnon de jeux pour d'autres, le Playmobil © a su marquer les générations sans se démoder. Vecteur de création et d'imagination, il a permis à des millions d'enfants d'imaginer ce que pourrait être leur vie future dans des mondes idylliques - mais quelque peu surannés - où les jeunes respectaient leurs ainés, où les pauvres et les riches marchaient main dans la main sur un fond de coucher de soleil en écoutant Joe Dassin, où les femmes et les hommes vivaient dans l'égalité sociale la plus parfaite.
Le Playmobil © était donc jusqu’à ce jour l’incarnation de l’idéal aux yeux de la plupart d’entre nous, le prisme par lequel nous pouvions nous hasarder à rêver d’un univers merveilleux et céleste, une autre galaxie où Ségolène Royal et Martine Aubry auraient enfin eu vent de la définition du mot « Programme ».
Pourtant, sous ses airs inoffensifs, le Playmobil © soulève une véritable question sous-jacente, de part sa simple existence, que peu ont l'audace de poser. Aujourd'hui, m'armant de tout le courage nécessaire, seul dans la tourmente, accroché à la balustrade branlante de ma propre insouciance, j'ose :
POURQUOI LE PLAYMOBIL © A-T-IL TOUJOURS LE SOURIRE ?
Vous ne l'aviez pas remarqué ? Que du Playmobil © travaillant dans le BTP en passant par le Playmobil © Boulanger, sans oublier le Playmobil © Policier, ils ont tous le sourire ? Voyez par vous-mêmes Papa et Maman Playmobil © promenant Bébé Playmobil @ tout sourire, traversant la route de leur lotissement peuplé de concitoyens attentifs, vigilants et bien entendu, souriants, le tout sur un fond de chants d’hirondelles et de vent dans les feuilles de platanes. Même les agents de la Prévention Routière ont le sourire, chez les Playmobil © !
Avouez que c'est étrange… Parce que demain, en descendant de votre humble demeure pour aller gagner votre misérable croûte, lorsque vous irez acheter votre pain au chocolat ou votre baguette au sésame, les seuls mots qui vous seront adressés seront " Un euro vingt, s'vous plaît... " sans l'ombre, même fugace, d'un sourire.
Il en sera évidemment de même lorsque vous vous ferez contrôler par un agent de la Police Nationale et que ce dernier vous demandera vos papiers avant de vous donner sans le moindre sourire un petit bordereau sur lequel sera écrite une somme à plusieurs chiffres et en euro dont vous serez redevable à cette illusion que l'on nomme Etat.
Sans parler de cet ouvrier du BTP que vous croiserez, travaillant dans le froid le plus inhumain avec des vêtements totalement inadaptés, alors que vous serez chaudement habillé(e), qui ne manquera pas de fait de vous jeter un regard torve et envieux.
Il vous faut encore un exemple ? Très bien : parvenez-vous à propulser votre imaginaire dans un monde d’onirisme et d’innocence afin de concevoir un éphémère instant un Playmobil © à l’effigie de Brice Hortefeux, souriant et à l’écoute de ses semblables, organisant une garden party avec une délégation de Roms ?! Moi, non.
Plusieurs questions viennent alors à l'esprit de celle ou celui qui n'a plus peur d'affronter cet ersatz de réalité qui se cache derrière le soi-disant fabuleux monde des Playmobil ©.
Pourquoi donc les fabricants de Playmobil © s'obstineraient-ils à orner les visages plastifiés de leurs jouets d'un sourire imperturbable, surtout quand on sait qu'un sourire sincère ne dure pas plus de quelques instants ? N'est-ce pas là le gai visage d'une machination machiavélique voulant nous faire croire, au travers d'un message enfantin adressé à notre inconscient, que malgré la crise financière, l'inflation, la croissance en berne, la récession, Brice Hortefeux, la retraite à 84 ans, le chômage en hausse, le fossé générationnel, le conflit israélo-palestinien, le tuning, le front national, Dien Bien Phû, ou encore la maladie d'Alzheimer, tout va pour le mieux ? Ce sourire ne serait-il pas en vérité le visage du diable qui, contemplant la chute inévitable de l'humanité, sourirait d'aise en pensant aux millions d'âmes qui viendront bientôt peupler son royaume ? Ce sourire serait-il donc un avant-goût de la damnation éternelle et de la désolation la plus totale ?
Alors, que faire ? Rester les bras croisés alors que sous nos yeux, dans les mains potelées de nos bambins, se joue le sort du monde ? Définitivement, non.
Aussi, à l'avenir, je vous invite à planter votre regard dans celui des Playmobil © que vous serez amenés à croiser, simples jouets, hommes politiques ou diseurs de bonne aventure, afin de bien leur signifier que nous ne sommes plus dupes.
Mais, par pitié, faites en sorte que mon train ne soit pas annulé.


Le diable = nos dirigeants... ?
RépondreSupprimerComment pouvez-vous supposer que je puisse faire une telle allusion dans mon si innocent essai de merde ?!... :)
RépondreSupprimerMonsieur Kane, votre billet est aussi innocent que le sourire diabolique et figé du curieux personnage sur cette photo choisie avec une certaine pertinence.
RépondreSupprimerCette remarque est pleine de justesse, Mademoiselle.
RépondreSupprimeren avant les histoires ! mdr
RépondreSupprimerIl est plutôt "bizarre" ce résumé ! Cela porte à réfléchir.
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